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vendredi 24 août 2012

If you only exist


La fin de l’été à Paris, c’est toute une histoire. On sent déjà dans les cafés, sur les grandes places ou dans les boutiques du boulevard Haussmann une rumeur mélancolique, un mouvement imperceptible, comme le début d’un coucher de soleil. Comme quand le vent se met à souffler dans les feuilles des arbres, dans les parcs calmes.
Papa, maman, vous allez me manquer. Si vous étiez là, je pense que vous n’aimeriez pas cette ville. Vous n’avez jamais aimé les grandes villes bruyantes et bondées de monde, comme Paris. Nous nous opposons sur tellement de choses qu’en fin de compte, je trouve qu’on est exactement pareils, vous et moi. J’espère que vous allez bien. Pour ma part, je me charge de trouver mon chemin. C’est le début d’une tout autre vie pour moi. Même si pour l’instant j’ai l’impression de ne pas être encore née.



Trust the person who gave you life, hate her because of the pain you have, love her for all the happiness she gives to you, hurt her when you're angry, avoid her eyes when you're ashamed, protect her of the danger, and kill her because you grow up. Mum...

Croire en la personne qui t'as donné la vie, la détester quand la douleur est là, l'aimer pour tout le bonheur qu'elle t'offre, la blesser quand tu es en colère, éviter son regard quand tu as honte, la protéger du danger, et la tuer parce que tu grandis. Maman...


 La porte d'entrée du hall grinça péniblement lorsqu'il y pénétra. D'un coup, il s'appropria tout l'espace autour de lui. Plusieurs personnes se retournèrent d'instinct pour le scruter. Il flamboyait avec ses cheveux bruns et sa peau, assez blanche. Cela aurait pu être laid si elle n'avait été parcourue d'un étrange réseau de veines bleutées et délicatement dessinées. Il semblait souple et fort à la fois, et son visage dégageait une candeur évidente mais tentait de masquer une sorte de vague tristesse. 
L'espace d'un instant, son regard me heurta et nous nous immobilisâmes tous deux, comme quelqu'un qui n'est pas sûr d'avoir retrouvé quelque chose qu'il cherche depuis longtemps, et qu'il croyait perdu.
 Puis, lentement, le temps se remit en place, comme des briques cassées qu'on réemboite. Le monde qui jusque là s'était figé reprit vie. Je restai pétrifiée sur place, sûre et certaine que ce qui venait de se produire là resterait parmi les moments les plus forts de toute ma misérable existence. 
 Toutes les théories auxquelles j'avais cru, toutes les lois et règles que j'avais respecté, toutes les questions que se pose secrètement l'inconscient des êtres depuis la nuit des temps, tout cela s'effaça et s'écroula en moins d'une fraction de seconde, pour ne laisser apparaître que l'évidence même pour laquelle j'étais née et que j'attendais sans le savoir depuis toujours : lui




vendredi 2 mars 2012

Born with the sun





Photos : Guilhem Ramblado

Thinking


Toutes les théories auxquelles j'avais cru, toutes les lois et règles que j'avais respecté, toutes les questions que se pose secrètement l'inconscient des êtres depuis la nuit des temps, tout cela s'effaça et s'écroula en moins d'une fraction de seconde, pour ne laisser apparaître que l'évidence même pour laquelle j'étais née et que j'attendais sans le savoir depuis toujours : lui. Pour la première fois depuis longtemps, je souris vraiment. Mais pas de ces sourires coincés, forcés, glissés sous les yeux des autres comme des enveloppes dans une boîte aux lettres, histoire qu’on nous fiche la paix. Histoire de dire que tout va bien alors qu’en nous c’est la tempête, le tsunami. On a envie de crier, crier à la face du vent qu’on est rien du tout, rien du tout sans ce putain de vent, et de tourner, tourner sans fin en regardant le ciel qui nous appartient un peu quand même. C’est ce qu’on se dit à chaque fois.
Ce sourire-là était comme l’éclosion de la première fleur du monde, le premier de ma nouvelle vie. 

Peut-on rattraper le temps qu'on n'a pas perdu ?





L'espace d'un instant, son regard me heurta et nous nous immobilisâmes tous deux, comme quelqu'un qui n'est pas sûr d'avoir retrouvé quelque chose qu'il cherche depuis longtemps, et qu'il croyait perdu.
 Puis, lentement, le temps se remit en place, comme des briques cassées qu'on réemboite. Le monde qui jusque là s'était figé reprit vie. Je restai pétrifiée sur place, sûre et certaine que ce qui venait de se produire là resterait parmi les moments les plus forts de toute ma misérable existence. 




mardi 6 septembre 2011

Prologue


"Les serments sont dits
Pour être brisés
Les sentiments sont intenses
Les mots sont dérisoires
Les plaisirs restent
Il en est de même pour la douleur
Les mots n'ont pas de sens
Et peuvent s'oublier."



                      
 J’allumai une cigarette devant les portes vitrées de l’aéroport, assise sur mon unique valise, tout en fixant sans le voir le bitume mouillé de pluie. Le ciel gris brouillait l’horizon, le vent transportait de lourds nuages en direction du sud et faisait voler les chevelures qu’une main agacée repoussait sans cesse afin d’y voir plus clair dans la faible lumière du soir. Des gens montaient dans des taxis, d’autres en sortaient. Et moi, j’allais loin, très loin, je le savais. Je devais aller loin, n’importe où, mais en sachant que cette distance ne ferait qu’empirer les choses.
Arrivée à la fin, la fin de mon petit chemin, j’ai enfin pu voir cette lumière qu’on cherche tous à atteindre, en vain car il n’y a pas de lumière. Rien qu’une vaste prairie de souvenirs entrelacés. Tout tourne autour de nous, on vacille, on tombe à terre et on recommence.
Comme quoi, il suffit de vraiment peu de temps pour changer une vie. Une année peut en valoir au moins dix, parfois.



Tout était différent. Les couleurs avaient changé, s’étaient mué en des nuances plus complexes et variées, avaient évolué, ou disparu. L’odeur du pain ou du chocolat avait changé aussi, et le grain de la texture des ballons de basket. Tout était à la fois si semblable et différent.
Enfin, bref. Quelle importance, au fond ? Quelle est l’importance à tout cela, puisqu’à la fin du jeu, on meurt tous ?
Mes yeux dérivèrent en direction du ciel. Même là il n’y avait pas assez de place.
Je leur ai promis de me souvenir. Car c'est ce qu'il y a de mieux, les souvenirs, quand plus rien d'autre n'existe. Je leur ai promis de ne jamais oublier, du moins du mieux que je peux. Car ils ont marqué beaucoup plus que n'importe qui d'autre ma mémoire et mon cœur. Ils ont su faire de moi quelqu'un de mieux. J'ai changé avec eux, je suis devenue quelqu'un d'autre. Je pourrais les remercier des centaines de fois ou encore leur promettre de les revoir, mais le temps sépare les chemins, vous le savez. Alors je leur promets de me souvenir. De tout ce qu'on a traversé, mais surtout de nous. Nous sommes la plus belle histoire jamais racontée…